Valais : deux pétitions pour une démocratie, enfin, plus inclusive
Le 16 avril dernier, le Grand Conseil valaisan accueillait une première session inclusive réunissant, en binôme, des personnes en situation de handicap et des député·es. Cette initiative, inédite en Valais, visait à renforcer la participation politique des personnes concernées et à faire entendre des voix encore trop souvent absentes des espaces de décision.
Au terme des discussions, deux pétitions ont émergé des travaux parlementaires : l’une revendiquant le droit de vote pour tout·es, l’autre demandant une meilleure participation des personnes en situation de handicap au sein des partis politiques.
La première vise à consacrer le droit à la participation politique pleine et entière, sans exclusion liée au handicap. Elle s’inscrit directement dans le prolongement de la réforme constitutionnelle opérée à Genève et dans le sillage du débat national ouvert par l’initiative fédérale « Pour l’égalité des personnes handicapées » et son contre-projet, actuellement en cours d’examen au Parlement.
En Suisse, des personnes placées sous curatelle de portée générale sont injustement privées de leurs droits politiques. Cette exclusion touche notamment des personnes en situation de handicap psychique, alors même que la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) garantit le droit à la participation politique sur un pied d’égalité avec les autres citoyen·nes.
La seconde pétition rappelle également une réalité souvent invisibilisée : même lorsque les droits politiques existent formellement, de nombreux obstacles entravent une participation effective des personnes en situation de handicap. L’accessibilité insuffisante de l’information politique, la stigmatisation persistante, le manque de moyens d’assistance adaptés ainsi que le fonctionnement encore largement excluant des partis et des institutions révèlent que la démocratie reste, dans les faits, construite sans les personnes concernées et continue de produire de l’exclusion plutôt que de garantir une participation réelle et égalitaire.
Cette session inclusive, et les pétitions auxquelles elle a abouti, constituent ainsi un signal politique fort même si encore largement insuffisant, en rappelant que la participation démocratique ne peut pas être conditionnée à des normes d’autonomie, de productivité ou de conformité sociale. Les personnes vivant avec un handicap psychique doivent pouvoir prendre part aux décisions qui les concernent, faire entendre leur expertise par expérience et exercer pleinement leur citoyenneté.
Il est grand temps d’en finir avec la logique paternaliste et validiste actuellement à l’œuvre, qui continue d’associer handicap psychique et incapacité citoyenne.