Genève : l’austérité au détriment des droits des personnes en situation de handicap psychique
À Genève, un rapport mandaté par le Conseil d’État propose plusieurs mesures d’économies qui pourraient fragiliser les droits des personnes en situation de handicap psychique. Derrière les discours d’« optimisation » et de « maîtrise des coûts », ce sont les structures sociales, médico-sociales et les dispositifs de soutien qui risquent d’être affaiblis.
Les économies envisagées toucheraient notamment l’accompagnement psychosocial, les foyers, l’aide sociale et l’accès aux soins, déjà sous forte pression. Pour de nombreuses personnes concernées, ces dispositifs constituent des soutiens essentiels pour éviter les ruptures de soins, l’isolement ou la précarisation.
Le durcissement annoncé de l’aide sociale est particulièrement préoccupant. En renforçant les contrôles et les logiques d’activation, les autorités risquent de traiter des situations de discriminations systémiques comme des problèmes individuels plutôt que comme des enjeux sociaux et sociétaux nécessitant la mise en œuvre de politiques publiques transversales égalitaires et inclusives et, partant, de faire peser sur les personnes la responsabilité de problèmes structurels.
Les personnes les plus précaires, au premier rang desquelles celles qui se trouvent en situation de handicap psychique, ne doivent pas devenir la variable d’ajustement des politiques d’austérité. Réduire les ressources du social, c’est fragiliser les droits fondamentaux de celles et ceux qui ont le plus besoin que leurs droits soient protégés.
Gageons que le Conseil d’État de la République et canton de Genève saura faire preuve de discernement et ne suivra pas des recommandations qui précariseront encore plus les plus précaires au mépris de leurs droits fondamentaux.